Nous sommes dans les jours où la gloire du Fils de Dieu est éclipsée sous les ignominies de sa Passion.
Il était « la lumière du monde », puissant en œuvres et en paroles, accueilli naguère par les acclamations de tout un peuple; maintenant le voilà déchu de toutes ses grandeurs, « l'homme de douleurs, un lépreux », dit Isaïe; « un ver de terre, et non un homme », dit le Roi-Prophète; « un sujet de scandale pour ses disciples », dit-il lui-même.
Chacun s'éloigne de lui : Pierre même nie l'avoir connu.
Cependant la lumière méconnue de notr
e Christ n'est pas éteinte, quoiqu'elle ne lance plus ses feux, et que les ombres se soient épaissies autour d'elle. Il est là comme le Rédempteur sur le Calvaire, où il souffre et meurt.
Samedi saint :
La nuit a passé sur le sépulcre où repose le corps de l’Homme-Dieu.
Mais si la mort triomphe au fond de cette grotte silencieuse, si elle tient dans ses liens celui qui donne la vie à tous les êtres, son triomphe sera court. Les soldats ont beau veiller à l’entrée du tombeau, ils ne retiendront pas le divin captif, quand il prendra son essor. Les saints Anges adorent, dans un respect profond, le corps inanimé de celui dont le sang va « pacifier le ciel et la terre ».Ce corps séparé de l’âme pour un court intervalle est demeuré uni au Verbe divin; l’âme qui a cessé un moment de l’animer, n’a point non plus perdu son union avec la personne du Fils de Dieu. La divinité reste unie même au sang épanché sur le Calvaire, et qui doit rentrer dans les veines de l’Homme-Dieu, au moment de sa prochaine résurrection.
Nous aussi, approchons de ce tombeau, et vénérons à notre tour la froide dépouille du Fils de Dieu. Nous comprenons maintenant les effets du péché. « C’est par le péché que la mort est entrée dans le monde et qu’elle a passé dans tous les hommes. » Jésus, « qui n’a point connu le péché », a cependant permis à la mort d’étendre jusque sur lui son empire, afin d’en diminuer pour nous les horreurs et de nous rendre, en ressuscitant, cette immortalité que le péché nous avait ravie.
Adorons dans toute notre reconnaissance ce dernier anéantissement du Fils de Dieu. Il avait daigné, dans son incarnation, prendre « la forme d’esclave »; en ce moment, il est descendu plus bas encore.
Le voilà sans vie et glacé dans un tombeau !
Si ce spectacle nous révèle l’affreux pouvoir de la mort, il nous montre bien plus encore l’immense et incompréhensible amour de Dieu pour l’homme. Cet amour n’a reculé devant aucun excès ; et nous pouvons dire que si le Fils de Dieu s’est abaissé outre mesure, nous avons été d’autant plus glorifiés par ses abaissements.
Qu’elle nous soit donc chère cette tombe sacrée qui doit nous enfanter à la vie; et après avoir rendu grâces au Fils de Dieu de ce qu’il a daigné mourir pour nous sur la Croix, remercions-le aussi d’avoir accepté pour nous l’humiliation du sépulcre.
( D’après Dom Prosper Guéranger, l’année liturgique )
« Marie, Mère d’Espérance et de Consolation, je veux passer ces dernières heures d’attente de la Résurrection de Votre Fils avec vous. Quand les doutes m’assaillent, quand ceux qui m’entourent me méprisent, soyez ma consolation, ma force et mon soutien. Vous avez été un appui pour les apôtres désemparés et apeurés : comment ne le seriez-vous pas maintenant pour moi ? Mère d’Espérance et d’Amour, apprenez-moi à souffrir à vos côtés, afin de jouir plus tard de la joie de la Résurrection de Jésus-Christ.
Amen »











Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire